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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

Les accidents dus aux animaux

 

Un article de VotreEnfant.

COMPLEMENT AU CHAPITRE


par le Dr Lyonel Rossant sur France-Bleu-Azur

Le chien a ses raisons que la raison ne connaît pas

L'agressivité du chien est en général la conséquence de comportements inadaptés de la part du propriétaire qui a mal éduqué son animal et qui ne prévoit pas que ce dernier puisse réagir avec violence à telle ou telle modification de ses habitudes. C'est également l'inconscience de l'enfant de 1 à 4 ans qui, sans se méfier, provoque le chien et ne sait pas interpréter ses premières expressions de menace. La morsure succède bien souvent à d'autres signes d'agressivité (grognements, postures, hypersalivation...) qui sont de mauvais augure. Il est probable que si les enfants sont plus souvent mordus que les adultes, c'est parce qu'ils ne comprennent pas ces avertissements et qu'ils n'adaptent pas en conséquence leur attitude.

Plusieurs causes d'agression de l'enfant par le chien sont décrites par les spécialistes du comportement animal.

a) l'agression par peur

Elle explique près de 25% des cas de morsures et contre toute logique un gros chien peut très bien avoir peur d'un petit enfant et devenir agressif. La situation la plus fréquente est celle du petit enfant qui, pour jouer, essaie de tirer les poils d'un chien qui, pour une raison ou une autre, ne peut pas s'enfuir. Ces morsures dites de "dessous des meubles" surviennent dans des circonstances caractéristiques : l'enfant poursuit à quatre pattes l'animal qui se réfugie sous un meuble et qui, se sentant coincé, n'a plus d'autre issue que de mordre au visage son "agresseur" trop jeune pour se méfier. Se sentant acculé, l'animal apeuré ne contrôle pas l'intensité de la morsure qu'il inflige et qui peut être grave.

Cette agression résulte d'une mauvaise socialisation du chiot qui garde en lui une peur de l'être humain. Ce type de chien mord dès qu'il se sent menacé par une personne inconnue ou habillée de façon inhabituelle ou encore lorsque la situation l'empêche de fuir.

Le Pr Queinnec de l'école vétérinaire de Toulouse explique que "la morsure est une réponse orale à un stress environnemental. La bouche du chien correspond à la main de l'homme dans l'organisation de leurs réponses à un stimulus". L'éducation du chiot joue un rôle très important durant la période critique d'adaptation qui se situe entre 3 et 14 semaines. " Si le chiot a été mal socialisé, si on lui a inculqué des réflexes de peur, s'il a un tempérament très indépendant, réfractaire, autoritaire, voire simplement très excitable, on risquera de le voir mordre en réponse à divers stimuli ». Ce type d'agression est souvent le fait de chiens présentant des troubles du comportement à type d'anxiété ou de dysthymies. Le vétérinaire doit être consulté car un traitement médicamenteux peut être conseillé chez le chien afin de diminuer son anxiété et de réguler son humeur. De la sorte, la séparation d'avec le chien pourra ne pas s'imposer.

b) l'agression associée à des problèmes d'espace :

  • la défense du territoire

Le "territoire" est par définition "un espace dont le chien s'approprie l'usage exclusif pour lui-même, les partenaires du foyer, et les animaux ou humains extérieurs qu'il y accepte".

Lorsqu'un enfant inconnu s'approche du territoire d'un animal, celui-ci se dirige vers l'intrus en aboyant et en grognant. Les poils hérissés, la queue dressée, les oreilles droites sont des marques de menace. Le chien s'arrête à quelques mètres de l'étranger et le fixe en grattant le sol avec ses pattes. Si cette phase d'intimidation ne suffit pas, il attaque et mord.

La tendance à défendre le territoire apparaît entre 6 et 14 mois. Pour éviter ce type de comportement, le maître doit accentuer la socialisation du jeune chien à cet âge afin de le rendre plus tolérant, notamment en lui faisant rencontrer fréquemment des enfants et des adultes inconnus. Cette sociabilité limitera les réactions agressives sans pour autant inhiber le comportement de garde.

  • l'agression maternelle

Elle résulte du même principe mais intéresse la chienne qui protège ses petits. Si l'enfant s'approche des chiots, la chienne couchée commence par grogner dans une attitude d'intimidation. Si l'intrus persiste, l'animal bondit et attaque. Lorsque l'adversaire s'est éloigné suffisamment, la chienne revient lécher ses chiots en remuant la queue. Ce comportement se voit également dans les pseudocyèses (grossesses nerveuses) où les chiots sont remplacés par des analogues affectifs que la chienne materne (jouet, chiffon, balle, pantoufle etc). L'animal mord alors toute personne s'approchant de trop près de ses précieux trésors.

  • la frustration de liberté

Lorsque l'animal est confiné dans une portion de son territoire, il peut développer de violentes réactions d'agressivité contre ceux qui viennent le narguer en foulant le terrain hors de sa portée. C'est le cas par exemple d'enfants qui excitent un chien attaché à une laisse ou enfermé dans un jardin. L'animal ne contrôle pas l'intensité de la morsure et ne l'adapte pas à la taille de celui qui le provoque. Dans ce type de morsure, les chiens sont le plus souvent sains.

c) L'agression de dominance (agression hiérarchique)

Elle explique environ 20% des cas de morsures lorsque le chien réalise que la place hiérarchique à laquelle il a été habitué dans la famille est remise en cause. Le chien est en effet sensible à une autorité hiérarchisée à l'intérieur d'un groupe social.

Ce comportement se produit chez les chiens qui ont été mal socialisés et auxquels on a donné un statut de dominant qu'ils n'auraient jamais dû obtenir.

Si le maître ne fait pas preuve d'autorité, le chien peut se sentir comme le "meneur" de la famille ou de l'un des membres de la famille (époux, enfant). Le jeune chiot doit donc apprendre à obéir à toute la famille, car il peut devenir dangereux dès l'âge de 6 mois. Les hormones sexuelles jouent un rôle important dans le développement de ces comportements au moment de la puberté mais deviennent secondaires chez l'animal adulte. Cela signifie que la castration des animaux adultes ne limite en rien ce type d'agression.

La dominance peut s'établir lorsque le chien, puni après un comportement indésirable, réagit en grondant ou mordant et que le maître se rétracte.

De façon moins nette, le propriétaire peut faciliter le comportement de dominance dans certaines circonstances quotidiennes : c'est le chien qui mange avant ses maîtres ou qui dort sur leur lit ou le canapé ou encore qui contrôle les allées et venues dans la maison à un poste clé (entrée par exemple) etc...

Lorsque le propriétaire voue une affection excessive à son chien, ce dernier peut attaquer par "jalousie" le conjoint ou l'enfant qui ont le tort d'être en bons termes avec le maître !

Le cas classique est celui du chien qui a longtemps servi de substitut d'enfant dans une famille et qui sent que sa place va être remise en cause par l'arrivée d'un nouveau-né. En règle générale heureusement, les enfants non pubères sont rarement victimes de ce type d'agression. Par contre, l'accident est beaucoup plus fréquent lorsqu'un maître adolescent tente, pour s'amuser, de dominer le chien. La séquence de cette agression a bien été analysée par Patrick Pageat. Tout débute par une phase d'intimidation avec érection des poils, redressement de la queue et des oreilles, retroussement des babines, rétrécissement des pupilles, démarche enraidie et grognements. Puis, le chien attaque en essayant d'avoir une prise aux bras ou à la face dorsale du cou. La morsure est suivie d'une phase d'apaisement si l'agressé adopte une posture de soumission. Le chien "vainqueur" s'approche du soumis et lui lèche le membre blessé ou lui pose une patte de devant dessus. Les propriétaires pensent alors que le chien "demande pardon".

d) L'agression par irritation

C'est le type d'agression dont les enfants sont le plus souvent victimes. Elle peut être déclenchée par une douleur aiguë (otite etc.) ou chronique (arthrose, dermatose, fistule péri-anale etc.), les privations (faim, soif), les frustrations, ou la persistance d'un contact physique après l'émission de signaux d'arrêt de contact non compris par l'"agresseur". Les hormones sexuelles jouent un rôle important et la castration précoce diminue les risques de ce type d'agressions.

Elle est couramment décrite lorsque l'enfant veut câliner le chien "par force». Elle se rencontre également chez des races dont les yeux sont recouverts par des grandes mèches de poils (Briard par exemple).

Contrairement à l'agression par peur, la morsure est habituellement précédée d'une longue phase de comportements agressifs moins violents qui sont souvent suivis d'un apaisement qui attire l'attention.

Le chien réagit différemment selon qu'il est dominant ou dominé. Dans le premier cas, la morsure est brève, répétée et précédée d'une phase d'intimidation (grognement bref, raidissement des membres antérieurs et fléchissement des postérieurs, érection des poils, retroussement des babines, rejet des oreilles en arrière, dilatation des pupilles) puis est suivie d'une nouvelle phase de menace. Dans le second cas, la phase d'intimidation est moins perceptible : le chien est en général couché, ses oreilles sont rabattues sur la tête et le grognement est sourd ; la morsure par les incisives est multiple et le chien s'éloigne en continuant à grogner sourdement, les membres fléchis et la queue sous le ventre. Les propriétaires parlent dans ce cas d'un chien qui mord sans oser regarder et qui part se cacher par remords.

Ce comportement agressif peut devenir rapidement habituel chez le chien et le vétérinaire doit être consulté.

e) L'agression de possession

Elle s'observe quand un enfant approche un chien qui manipule un objet (os, jouet, nourriture...) et tente de lui prendre. Les vétérinaires conseillent d'habituer le chiot dès son jeune âge à ce qu'on lui prenne sa gamelle, son jouet, son os etc... pour éviter ce type d'accident très fréquent avec les enfants.

f) l'agression de prédation

L'agression de prédation se voit à l'encontre d'espèces avec lesquelles le chien n'a pas eu de socialisation. Ce comportement peut être physiologique envers le bétail ou les volailles de basse cour. C'est parfois l'homme qui en fait les frais lorsqu'il s'agit de bandes de chiens errants comme notamment au Brésil, aux Etats-Unis ou en Asie.

L'agression de prédation est rare envers les enfants mais reste néanmoins possible lorsqu'un chien n'ayant jamais été mis en contact avec des bébés voit un nourrisson marcher à quatre pattes ou faire ses premiers pas.

Savoir reconnaître les attitudes de menace du chien.

Il est possible de décrire avec précision les attitudes de menace du chien, car elles font appel à des rituels, se traduisant par des postures :

  • la dominance : tout le corps est porté haut, la tête, la queue et les oreilles sont relevées, les poils du dessus du dos sont dressés, le chien peut grogner avec un mouvement de rétraction des lèvres, son regard est fixé droit sur l'adversaire.

Le chien qui pose sa patte sur la personne qu'il vient de mordre ne demande pas pardon comme on pourrait le penser, mais cette attitude correspond à une phase d'apaisement du vainqueur envers le vaincu. Il faut éviter absolument de caresser le chien qui a cette posture, car cela ne ferait que renforcer le comportement de dominance.

  • la peur : l'attitude générale est basse, le corps, les oreilles et la queue sont repliés, les dents sont dégagées par des lèvres qui s'étirent vers l'arrière de la tête. Le chien qui a peur peut mordre d'emblée sans signe précurseur.

Les mouvements d'apaisement et de soumission sont des rituels destinés à inhiber l'agression ou à marquer des rapports sociaux entre chiens ou entre homme et chien. Ainsi, un chien soumis qui se sent agressé ou qui veut prévenir une agression adoptera une position de soumission passive en s'aplatissant, en se roulant sur le côté. Si l'on continue à s'approcher d'un chien dans cette posture, on risque une morsure franche, parce que le rituel exprimé par l'animal n'est pas suivi d'une réponse adaptée d'apaisement chez l'individu dominant. Il ne faut donc pas continuer à punir un chien qui se met en position de soumission.

Enfin, il faut savoir que le fait de regarder un chien droit dans les yeux représente pour ce dernier une menace. L'enfant devra donc apprendre à ne pas fixer du regard un chien qu'il ne connait pas.

II. Les griffures de chat

"Les griffures de chat sont des expériences salutaires qu'il faut aider l'enfant à accepter comme une plus-value de ses connaissances. Les parents conscients ne grondent pas le chat qui avait toutes les raisons de réagir par une agression".

Françoise Dolto

Personnalité du chat.

Le chat a facilement tendance à s'esquiver quand on l'ennuie, mais il peut parfois réagir rapidement par un coup de griffes ou une morsure.

Certaines réactions du chat expriment qu'il est en train de perdre patience : queue qui s'agite, moustaches pointées vers l'avant, oreilles tournées sur le côté et parallèles, poil hérissé, crachements. L'enfant doit apprendre à laisser dans ces conditions le chat tranquille. Enfin, le chat déteste être contraint : il faut donc éviter que l'enfant le serre dans ses bras ou l'accule dans un coin sans qu'il ait la possibilité de s'échapper.

L'agressivité chez le chat.

On décrit plusieurs types d'agression chez le chat (Dehasse):

  • "L'hyperagressivité en milieu fermé" s'observe chez près de 70% des chats vivant en appartement et correspond à une inadéquation du milieu de vie. Cette agressivité se traduit par des séquences d'agression de prédation orientées vers les chevilles ou mains des propriétaires ou vers d'autres animaux en mouvement.
  • Le chat "caressé-mordeur"  : il s'agit d'une agressivité de type irritatif présentée par un chat qui est caressé et qui demande ou accepte l'interaction (pétrissage, ronronnements), puis qui monte progressivement en excitation (pupille dilatée, hypersensibilité), avant d'agresser brusquement par griffade ou morsure.
  • "L'agression de défense" se traduit par une attitude caractéristique : accroupi ou couché sur le sol, le cou rentré, les oreilles couchées, le poil hérissé, avec des grognements ou des crachements.

Entretien des griffes du chat.

Il est possible, avec une pince adaptée, ou en faisant appel au vétérinaire si le chat est remuant, de couper régulièrement les griffes du chat. L'acte est rapide, indolore, et permet d'éviter une blessure éventuelle. Il doit être renouvelé une fois par mois environ.

Pour les chats agressifs, on peut avoir recours à un acte chirurgical, réalisé sous anesthésie générale : le dégriffage, qui consiste en l'exérèse de la troisième phalange porteuse de la griffe. C'est donc une véritable mutilation pour le chat, et il ne faut pas y avoir recours dans le simple but d'éviter les dégâts occasionnés sur les canapés ou les rideaux.

III. Les risques liés aux nouveaux animaux de compagnie.

  • Le bec et les griffes des Psittacidés (perroquets et perruches)

Le bec d'un perroquet est une arme redoutable dont il faut apprendre à l'enfant à se méfier, de même que les griffes acérées. Il est préférable de ne pas laisser un jeune enfant manipuler seul un perroquet.

  • Les dents des rongeurs et du lapin

Le hamster étant un rongeur nocturne, il n'aime pas être dérangé le jour. Il faudra donc apprendre à l'enfant à ne pas l'effrayer pendant son sommeil, au risque de subir une douloureuse morsure.

L'écureuil de Corée, assez craintif, peut également mordre cruellement à l'aide de ses dents très acérées, lorsqu'il est manipulé.

Le cochon d'Inde, très doux et sociable ne mord que très rarement. Il en est de même pour le lapin qui ne mordra qu'en cas de panique.

  • Les morsures de tortues

Les tortues, principalement les tortues aquatiques, peuvent occasionner de sévères morsures et être à l'origine de plaies pouvant se surinfecter si elles ne sont pas correctement nettoyées.

IV. Le cheval

Le cheval a de tout temps exercé un pouvoir de fascination sur l'homme, et nombreux sont les enfants qui souhaitent pratiquer l'équitation qui a l'avantage d'être à la fois un sport et un moyen pour communiquer avec un animal.

Les chevaux fréquentés dans les clubs équestres sont en général dociles et ne posent pas de problème particulier puisqu'ils sont déjà dressés.

D'une façon générale, les poneys sont de tendance plus agressive que les chevaux, même s'ils présentent certains avantages pour les enfants. Ils sont plus maniables et moins impressionnants du fait de leur petite taille, et, étant plus ronds, ils sont souvent plus confortables et permettent une meilleure assiette.

Le cheval est un animal qui s'adapte facilement à un environnement varié et à des usages multiples. Il a gardé de ses ancêtres un instinct grégaire d'où sa facilité à suivre ses congénères dans une reprise de manège.

Certaines notions de base sont à connaître concernant les signes qu'exprime le cheval, principalement avec ses oreilles, ses membres ou sa queue.

Les oreilles neutres sont dressées, le pavillon tourné vers l'avant et à l'extérieur ; lorsque le cheval est sur le qui-vive, ou simplement intéressé par quelque chose, il dresse les oreilles toutes droites. Quand l'animal a peur, les oreilles deviennent agitées, alors qu'en cas d'agressivité elles seront rabattues en arrière sur la nuque.

Les mouvements d'humeur du cheval sont également exprimés à l'aide des membres, postérieurs ou antérieurs. Le fait de lever un membre antérieur est une attitude de menace, tandis que lever un membre postérieur est une attitude plutôt défensive, laissant présager le départ d'un coup de pied. Cette dernière attitude est en général renforcée par la présentation préliminaire de la croupe. Le fait de frapper du pied ou de piétiner indique également que le cheval est d'humeur légèrement menaçante.

Le cheval qui agite sa queue dans un sens et dans l'autre, d'abord latéralement puis verticalement, comme pour chasser des insectes, indique son inquiétude ou son ennui. La queue qui cingle l'air brutalement est un signe de colère.

Pour en savoir plus

En anglais :