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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

Le tétanos

 

Un article de VotreEnfant.

Voir aussi :

Les vaccinations

(vaccin pentavalent)

Sommaire

De quoi s'agit-il ?

Il s'agit d'une maladie infectieuse très grave due à la neurotoxine élaborée par le bacille de Nicolaïer (Clostridium Tetani).

Le germe pénètre dans l'organisme à l'occasion d'une plaie cutanée large ou minime (blessure par écharde, excoriation cutanée, piqûre d'insecte, morsure d'animal, brûlure etc.). Au niveau de la plaie, les spores donnent des bacilles qui se multiplient d'autant mieux que la brèche cutanée est anfractueuse, infectée, souillée de terre.

Le germe tellurique est plus fréquent dans certaines régions mais peut se rencontrer partout. Il s'agit d'une toxi-infection : les germes se multiplient au point d'inoculation et la toxine tétanique atteint le système nerveux central par voie sanguine ou nerveuse.

Un million de personnes sont atteintes chaque année, surtout dans les pays en voie de développement, la moitié sont des nourrissons (tétanos néonatal), avec une mortalité d'environ 90 %.

En France on relève environ 40 cas par an, avec une mortalité de 20 à 25 %. C'est dire l'importance de continuer les vaccinations.

Quels sont les symptômes ?

Le tétanos atteint l'enfant non vacciné, à partir de l'âge de la marche et surtout en milieu rural.

La durée de l'incubation est variable, en général de 6 à 15 jours. Plus elle est courte, plus la maladie est grave.

Le tétanos se traduit par des contractures douloureuses à renforcement intermittent. Les muscles de la face, des mâchoires et du cou sont les premiers atteints (rire sardonique). Le trismus est le signe caractéristique; c'est d'abord une simple gêne à l'élocution et à l'alimentation puis en 2 ou 3 jours, la contracture douloureuse des muscles masticateurs devient évidente, invincible et l'enfant refuse de manger. Les contractures s'étendent progressivement vers tous les muscles du corps. Les spasmes touchent également les muscles respiratoires.

Il n'y a pas de troubles de la conscience et les contractures atrocement douloureuses sont pleinement ressenties par l'enfant.

La mortalité globale est d'environ 25 à 50%. L'atteinte neurotoxique, les complications respiratoires, mécaniques ou infectieuses en sont responsables.

Chez le nouveau-né, le tétanos trouve sa porte d'entrée au niveau de l'ombilic (inoculation du cordon ombilical par des ciseaux souillés). L'expression figée du faciès (lèvres en bouche de carpe), les troubles digestifs et respiratoires représentent les principaux symptômes. La mortalité est de 90%.

Quelles autres maladies peuvent prêter à confusion ?

En cas de trismus, le médecin évoque :

  • un phlegmon de l'amygdale;
  • une infection dentaire d'une molaire avec périostite;
  • une arthrite temporo-maxillaire;
  • une intoxication aux phénothiazines (Primpéran®, Haldol® etc)...

En cas de contractures généralisées :

  • une méningite, une hémorragie méningée ;
  • une crise de tétanie;
  • une intoxication par la strychnine ou les phénothiazines
  • la rage
  • une simulation...

Quel est le traitement ?

L'enfant doit être hospitalisé en unité de soins intensifs.La réanimation par respiration assistée sous curarisation est souvent indispensable.

En cas de plaie chez un enfant, il faut vérifier la date des vaccinations et des rappels anti-tétaniques.

Si le rappel date de plus de 5 à 10 ans, il est nécessaire :

  • de faire une injection de sérum anti-tétanique (immunoglobulines spécifiques d'origine humaine).
  • ainsi qu'une injection de rappel du vaccin anti-tétanique (Tétavax®).

Le traitement préventif en cas de plaie engage la responsabilité légale du médecin. Au cas où la famille de l'enfant refuserait ce traitement, il faut qu'elle l'indique par écrit en mentionnant qu'elle a été prévenue des risques graves encourus de ce fait.

Le bulletin épidémiologique hebdomadaire n°17/2001 de l'INVS est le dernier consacré au tétanos. On y lira qu'il y a eu lors des deux années 1998 et 1999 un total de 37 cas, dont 10 mortels.

Cette maladie affecte les tranches d'âges les plus élevées de la population (84% ont 70 ans et plus), et principalement des femmes (81%) moins bien protégées que les hommes, revaccinés jusqu'alors au cours du service militaire. Si la plupart des cas documentés sont dus à une blessure souillée par de la terre ou des débris végétaux, la part prise par les plaies chroniques n'est pas négligeable (40 % des cas).

Pour en savoir plus