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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

La pédiatrie dans les pays en voie de développement

 

Un article de VotreEnfant.


Sommaire

Introduction

Il semble nécessaire dans le cadre de cet ouvrage consacré à l'enfant, de dire quelques mots des enfants vivants dans ces pays pudiquement appelés "en voie de développement" et dont la télévision et les médias nous montrent régulièrement des images criantes de misère.

La pathologie rencontrée dans ces pays n'est pas fondamentalement différente de celle qu'on rencontre dans les pays occidentaux.

Toutefois, la jeunesse de la population, la forte mortalité infantile et juvénile, la gravité des tableaux cliniques dus à la carence en soins et aux insuffisances nutritionnelles, la part importante des maladies infectieuses ne peuvent être passées sous silence.

Du fait de leur croissance démographique élevée, la population de ces pays est jeune : 50% de la population a moins de 15 ans, 20% moins de 5 ans.

Un enfant sur quatre meurt avant 5 ans. Dans certaines zones, c'est un enfant sur deux qui disparaît.

Le bas revenu économique, la faiblesse des ressources alimentaires, la mauvaise utilisation des ressources existantes, le manque d'hygiène, l'absence de structure de santé efficace, tous ces facteurs se cumulent et sont responsables de l'état sanitaire déplorable des enfants.

Le sida est un enjeu majeur actuellement.

La malnutrition protéino-calorique représente également un problème important. On distingue schématiquement 2 tableaux :

  • le kwashiorkor
  • le marasme

Le kwashiorkor

Des dizaines de millions d'enfants souffrent de ce problème nutritionnel majeur en milieu tropical et subtropical.


Le kwashiorkor apparaît entre 6 et 36 mois, après un sevrage souvent brutal de l'allaitement maternel auquel fait suite une alimentation essentiellement glucidique, pauvre en protéines animales.

Les signes cliniques peuvent se révéler brusquement au décours d'une parasitose, d'une diarrhée ou d'une rougeole.

Le tableau clinique comprend :

  • l'arrêt de la croissance en taille puis en poids;
  • une fonte musculaire;
  • un oedème précoce du dos des pieds;
  • l'alternance de zones pigmentées et dépigmentées, parfois surinfectées, sur un fond d'oedème luisant, très caractéristique;
  • des fissures au niveau des orifices naturels;
  • des cheveux fins et cassants;
  • des vomissements et une diarrhée.

Les examens complémentaires mettent en évidence :

  • une hypoprotidémie (albumine inférieure à 35 g/l);
  • une baisse du potassium;
  • une hypoglycémie;
  • une anémie...

Les conséquences de la malnutrition et le grand nombre d'enfants atteints font de la prévention du kwashiorkor un problème socio-économique et politique majeur du tiers-monde : prévention assurée surtout par un programme d'éducation nutritionnelle des mères et de développement des ressources agricoles.

Le marasme

Le marasme est une dénutrition globale du nourrisson résultant d'une ration caloriquement insuffisante.

En milieu intertropical, il prédomine sur le kwashiorkor lorsque l'insuffisance alimentaire quantitative prend le pas sur le déséquilibre protido-glucidique.

Il se manifeste dès le premier semestre de vie dans les populations au sevrage très précoce.

Les signes cliniques associent un grand retard pondéral sans oedème, une hypotonie musculaire, une fonte du tissu cellulaire sous-cutané, une peau sèche et flétrie.

Agité au début, l'enfant devient apathique et finit par perdre l'appétit ; il est menacé d'infections intercurrentes et de carences vitaminiques.

La pathologie infectieuse

Elle est très importante dans ces pays. Le sida est évoqué ailleurs dans cet ouvrage.

La rougeole est très meurtrière par elle-même. Ses complications (convulsions fébriles, laryngites, bronchopneumonies de surinfections..) sont également graves. Elle favorise de plus la dénutrition et la tuberculose.

La tuberculose, le choléra, le paludisme, le kala-azar (leishmaniose viscérale), les kystes hydatiques, la bilharziose font partie des maladies infectieuses les plus fréquentes dans ces pays.

Différents organismes internationaux se préoccupent d'assurer la prévention, les soins et l'éducation sanitaire dans ces pays défavorisés.

Il est nécessaire d'identifier les problèmes prioritaires, de déterminer la population-cible, de contrôler les aspects matériels des programmes et d'évaluer régulièrement les résultats des programmes de prévention, afin de contrôler l'efficacité des mesures effectuées.

Pour en savoir plus

Association des Juniors en Pédiatrie (AJP) -

Hôpital Saint-Vincent de Paul - 74, boulevard Denfert-Rochereau - 75014 PARIS Tél.: 01 40 47 52 95