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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

L'enfant et la lecture. Les livres (littérature enfantine ou de jeunesse)

 

Un article de VotreEnfant.



Activités d'éveil

Personnalisez une histoire pour votre enfant dans son environnement puis imprimez-la

Imprimez des dessins pour les colorier

Le Requin Magique : conte à colorier de Lyonel Rossant (au format PDF) :


par le Dr Lyonel Rossant, extrait du film L'Eveil des Sens, visible en vidéo HD sur le site

par Edwige Antier

Peintures, dessins, modelage, pâte à modeler...

par Edwige Antier

La série de livres pour très jeunes enfants "Monsieur" et "Madame" (Hachette) :

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Presse enfantine :

Bébé papoum (Fleurus Presse) est un concept conçu pour le tout premier âge. L'abonnement permet de recevoir dès la naissance une marionnette en peluche puis deux mois plus tard un livre-tissu et encore deux mois plus tard le magazine Papoum, premier journal des bébés.

"Quel est le roman que vous avez le plus aimé ? Dites pourquoi ?" A cette double question, le lycéen que j'étais avait répondu "Le Grand Meaulnes", mais n'avait pas su vraiment expliquer pourquoi. Il fallut attendre quelques années pour que je comprenne ce qui me captivait dans mes romans préférés, grâce aux réflexions de Cesare Pavese sur le mythe de l'enfance : les émotions et les sensations accumulées lors de nos toutes premières années, aussi bien dans nos expériences de vie que dans nos lectures, les unes et les autres alimentant nos rêveries, sont au coeur de l'inspiration romanesque la plus authentique. Inventer des histoires non pas pour plaire au public, mais parce qu'elles vous hantent, c'est petit à petit, laborieusement, à travers les fictions, découvrir qui nous sommes ; et cela vaut pour l'auteur qui se dévoile sous ses masques comme pour le lecteur qui se révèle dans les choix de sa mémoire sélective, lorsqu'il récapitule les scènes et les personnages qui l'ont touché davantage. Le roman n'est pas un miroir du monde, ni seulement un miroir de soi, mais un miroir magique, à multiples plans, de notre manière d'être au monde. J'ai cru pouvoir discerner deux modalités des poétiques de l'enfance, le point de vue de l'enfant et d'autre part les "yeux du souvenir", selon les termes de Baudelaire dans "Le voyage". Décrire le monde avec les yeux vierges et curieux d'un gamin épris de découvertes ne recèle pas seulement la faculté de s'émerveiller à nouveau pour saisir l'inépuisable beauté des êtres et des choses, mais à l'inverse permet aussi de s'étonner candidement des scandales de l'inhumanité familiale ou sociétale, ou bien de mettre à nu les atrocités de l'Histoire, en se détournant d'a priori idéologiques, pour la percevoir comme un Massacre des Innocents. L'enfance remémorée a d'autres vertus. La mémoire bénéficie de la patine du temps et auréole du prestige des origines nos premiers pas dans l'existence, au point de susciter la nostalgie de cet âge fabuleux. Même si nous fûmes alors plutôt malheureux, le miracle d'un temps retrouvé comme par enchantement suffit à notre bonheur présent. De plus, en repensant à nos comportements et à nos inclinations d'enfant, ainsi qu'à tout notre entourage, nous y trouvons parfois la clé d'une destinée, celle de nos proches aussi bien que la nôtre. Connaître bien, c'est se souvenir, c'est reconnaître. D'où cette conclusion de Pavese : la première fois est toujours une seconde fois : c'est dire que la vision enfantine est une recréation d'adulte et que les yeux de l'enfant et les yeux du souvenir se combinent sans se confondre en une même poétique. Nous n'existons vraiment que dans la reviviscence si bien que, de tous les âges, l'enfance la plus repensée et donc la saison la plus authentique, la plus vitale, la plus poétique, alors que la vieillesse exclut tout retour sur elle-même. Il importe de revenir aux sources. Mon livre traite d'abord du culte romantique et chrétien de l'enfance, en s'ancrant dans la Genèse de ce Livre primordial qu'est la Bible dans notre culture occidentale et dont la version moderne et profane est justement le mythe du paradis perdu de l'enfance. Au cours de l'enfance de l'humanité, nous avons inventé Dieu, le Père, le Fils, la Vierge Mère, à l'image de nos parents et de notre vécu. Après la Renaissance, la représentation artistique et littéraire de la Genèse et de la vie de Jésus s'est progressivement sécularisée. A la suite de la Contre-Réforme, l'enfant a été souvent perçu comme un ange tombé du ciel qui garde en mémoire vive son origine divine. Après ce que l'on a appelé "la mort de Dieu" au seuil du vingtième siècle, l'enfance a été l'objet d'un culte qui l'a instituée comme une nouvelle religion. On a assisté, surtout après le premier après-guerre, à une résurgence de la mythologie chrétienne inscrite en filigrane dans la représentation de l'enfant au centre d'une Sainte Famille. Non seulement il est doué de toutes les vertus théologales, foi, espérance et charité qui font défaut aux adultes, et il incarne le Sauveur, mais son itinéraire épouse celui du Christ : naissance miraculeuse à Noël, massacre des Innocents, mort sacrificielle et rédemptrice à Pâques, résurrection symbolique. Le mythe christique, qui dans l'iconographie privilégiait de plus en plus le petit Jésus, a été réinvesti sur la figure de l'enfant dans les romans italiens du vingtième siècle qui a connu deux guerres mondiales et plusieurs génocides. Cette réactualisation n'étonnera pas dans un pays qui reste catholique en profondeur, mais elle ne manquera pas d'interpeller les lecteurs d'autres littératures, car c'est toute l'Europe chrétienne qui a connu en ce siècle qui s'achève un incessant massacre des Innocents. (Gilbert Bosetti)

Cet enfant couvait dans sa tête

Un poète un grand érudit

Il faisait des vers en cachette

Un beau jour il n'a plus écrit

Ses parents l'église et le maître

Peu à peu lui ont tout appris

Presque tout sauf à se connaître

A trouver son bonheur en lui

A vouloir baliser sa route

Il découvre de moins en moins

Les chemins qui s'ouvraient sans doute

Dans le creux de ses propres mains

Cet enfant grandira quand même

Et vivra peur-être très vieux

Mais sans découvrir le poème

Qui manquait pour qu'il soit heureux

Cet artiste de la tendresse

Composait des chansons si vraies

Que les gens fredonnaient sans cesse

Puis un jour ils n'ont plus chanté

A l'écran pour que les gens l'aiment

Il avait aussi maquillé

Son talent son côté bohême

Son amour et sa liberté

A vouloir faire entrer son rêve

Par un tube dans la télé

Il en avait perdu la sève

Et rompu le charme secret

Le chanteur bien longtemps encore

Chantera sans savoir pourquoi

Le public applaudit moins fort

Ses jolies chansons d'autrefois

Chacun de nous dans son domaine

Participe selon son cour

A la grande aventure humaine

Par sa quête vers le bonheur

C'est l'idéal de notre enfance

Qui nous porte à rêver plus haut

A cultiver nos différences

Pour bâtir un monde plus beau

Mais si l'on tort et qu'on écrase

Dans des cases et sur des tableaux

Tous ceux qui gênent ou qui dépassent

Pour qu'ils rentrent dans le troupeau

Suffira-t-il pour être un homme

D'accepter que notre destin

Consiste à rentrer dans la norme

A rester sur le droit chemin?...

Le murmure de l'imaginaire

Recèle aussi notre avenir

Mais si on l'oblige à se taire

Que la source vienne à tarir

On verra germer la colère

Et tous les espoirs dépérir

Des bourgeons que tous ces hivers

Auront préparés à fleurir

La liberté mûrit sans cesse

Dans les âmes et dans les esprits

Il faut des siècles de tendresse

Pour en cueillir un jour le fruit

Mais si l'enfant devient poète

Il nous offre déjà celui

Que dans son cour et dans sa tête

Pour toujours il aura cueilli

Yves DUTEIL

On peut se demander quel intérêt présente encore aujourd'hui les contes de fées, quand tant de récits plus modernes sont à disposition des enfants. Parce que à force d'être répétés et transmis de génération en génération, les contes de fées se sont affinés, chargés de significations si diverses que tout enfant, quel que soit son âge ou son sexe, peut y trouver une multitude d'idées qui l'aident à dépasser ses difficultés et à grandir plus sereinement.

L'enfance n'est pas "un long fleuve tranquille"

Dès son plus jeune âge, l'enfant traverse des épreuves : déceptions, rivalités fraternelles, confrontation au monde extérieur, prise de responsabilités, etc. Ainsi peut-il être amené à affronter solitude et angoisses. Certains parents pensent qu'il faut préserver l'enfant de ce qui le trouble le plus et ne lui présenter que l'aspect positif des choses. Loin de l'apaiser, cette façon de faire ne fait que renforcer ses inquiétudes car l'enfant sent très bien que la vie ne réserve pas que de bonnes surprises. Les contes de fées vont l'aider : ils lui parlent de la vie et l'encouragent à s'y aventurer.

Les contes de fées sont des points de repère

Les contes de fées illustrent de façon ludique les terreurs enfantines : la misère et l'abandon (le petit Poucet), la mort d'un parent (Blanche-Neige), les adultes puissants face aux enfants (le petit Chaperon Rouge), la jalousie fraternelle (Cendrillon). Ils parlent des cruautés de la vie et des luttes intérieures en leur donnant une forme tangible qui les rendent moins effrayantes. Un loup, par exemple, ça fait peur bien sûr, mais on peut en rire, rêver qu'on lui botte le derrière, qu'on triomphe de lui, et se libérer ainsi de la terreur qu'inspirent les angoisses archaïques "de dévoration".

Les contes aident l'enfant à mettre de la cohérence dans ce qu'il ressent ; ils lui donnent des idées qui l'aident à résoudre ses problèmes. Qu'est-ce qui est bien ou mal ? Est-il plus avantageux d'être bon ou méchant ? Comment trouver l'amour quand on est grand ? Comment est-ce de grandir et de quitter le giron familial ? Les contes lui fournissent des points de repère sur la conduite à tenir dans la vie ; tous diffusent le même message, simple et encourageant : "les difficultés de la vie sont inévitables mais si, au lieu de fuir, on affronte fermement les épreuves inattendues et souvent injustes qu'on rencontre, on finit par vaincre les obstacles et par obtenir ce qu'on veut". Et le message passe.

Les contes de fées savent parler aux enfants

Les enfants se fient aux contes de fées plus qu'à tout discours rationnel car ils s'adressent à eux sous une forme qui leur est familière : la forme magique. Selon Piaget, l'enfant reste en grande partie animiste jusqu'à la puberté ; dans son monde à lui (et qu'il garde pour lui car il sait que les adultes voient les choses autrement) la frontière entre vivant et inanimé, hommes et animaux, imaginaire et réalité est encore floue ; à partir de ce monde là, transporté hors du temps ("Il était une fois.") et de l'espace (".dans un royaume aujourd'hui oublié."), dans un univers décalé de sa réalité quotidienne, il est à même d'intégrer ce qui ne passerait pas par le canal de la raison. Les contes proposent aux enfants une multitude de personnages auxquels ils peuvent s'identifier, selon leurs besoins du moment, pour extérioriser ce qui les habite et mieux se comprendre : la bonne fée peut personnifier leurs désirs les plus ardents, la sorcière leur volonté de destruction, de méchantes soeurs leurs accès de jalousie. Les contes de fées sont si riches de possibilités qu'un même conte peut parler aussi bien à un enfant de 5 ans qu'à un enfant de 13 ans : leurs interprétations ne seront simplement pas les mêmes !

En matière de contes de fées, laissez-vous guider

Il n'est pas possible de savoir à quel âge un conte est bon pour tel ou tel enfant et donc de choisir parmi eux celui qu'il convient de lui raconter ; c'est l'intensité de ses réactions émotives qui montre s'il est ou non touché. Le mieux est de commencer par votre conte préféré. Si l'enfant ne réagit pas, c'est que les thèmes traités ne correspondent pas à ses préoccupations actuelles ; s'il est accroché, il saura le montrer par son enthousiasme ; il redemandera alors inlassablement qu'on le lui répète, jusqu'à ce que finalement, il en ait tiré tout ce dont il avait besoin. Quand ses préoccupations auront changé, il réclamera un autre conte correspondant mieux à l'étape nouvelle qu'il aborde.

Le mieux est de vous laisser guider par votre enfant. Ses choix peuvent d'ailleurs vous aider à mieux comprendre ce qu'il traverse ; mais ne rompez pas l'enchantement en le lui expliquant, car si les contes de fées l'enrichissent et lui plaisent tant, c'est justement parce qu'il ne sait ni pourquoi, ni comment, ils exercent sur lui tant de charmes.

Doctissimo, Dominique Pir, le 12 décembre 2000

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