Fermer le lecteur audio

La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

Chicungunya

 

Un article de VotreEnfant.

La fièvre Chikungunya


L'agent responsable de cette maladie est un virus de la famille des Togaviridae, du genre Alphavirus. C'est un rétrovirus (virus à ARN) dont le virion est sphérique et enveloppé. Son diamètre est d'environ 60 à 70 nm. Son aire de répartition s'étend de l'Afrique de l'ouest à l'Indonésie en passant par l'Afrique orientale, l'Afrique australe et l'Inde. Il est transmis à l'homme par des moustiques de l'espèce Aedes aegypti, différent donc du genre Anopheles, celui qui transmet le Plasmodium falciparum, hématozoaire, agent du paludisme, la maladie qui touche le plus de personnes au monde. La période d'incubation varie de 4 à 7 jours.

Le virus de la fièvre Chikungunya est sensible à la dessiccation. Il est inactivé par la chaleur sèche ou humide au-delà de 58°C ainsi que par l'éthanol à 70%. En dehors de l'espèce humaine, on le trouve chez d'autres primates ainsi que chez certains mammifères. La maladie apparaît surtout en milieu urbain, pendant la saison des pluies, lorsque la densité du vecteur est maximale.

Environ 4 à 7 jours après la piqûre de moustique infectante, une fièvre élevée apparaît brutalement. S'y associent alors typiquement d'importantes douleurs articulaires et musculaires touchant les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), des céphalées et, parfois, une éruption cutanée. Des hémorragies bénignes à type d'épistaxis et de gingivorragies peuvent survenir, surtout chez les enfants.

Les symptômes durent de 2 à 5 jours et le patient se rétablit souvent sans autres manifestations particulières. Dans des cas plus sévères, ces symptômes peuvent être accompagnés de maux de tête, de nausées et de vomissements. Les douleurs articulaires peuvent persister jusqu'à trois mois après leur apparition. Le terme « Chikungunya » signifie en swahili, « celui qui est courbé », en raison des douleurs articulaires caractéristiques qui obligent le patient à adopter cette posture. Le cycle épidémique de la fièvre Chikungunya est similaire à celui de la dengue et de la fièvre jaune.

La fièvre Chikungunya se différencie néanmoins de la dengue par un accès fébrile plus court et une persistance des douleurs musculaires et articulaires. L'évolution de la maladie n'est jamais fatale contrairement aux cas aigus de la dengue. Au niveau des symptômes, la triade caractéristique de la dengue est l'association de la fièvre, d'éruptions cutanées et de maux de tête. Certains scientifiques estiment qu'il est encore difficile de bien distinguer les deux infections dans les zones où elles coexistent. Il n'existe à la date d'aujourd'hui ni agent antiviral ni vaccin contre le virus chikungunya.

L'évolution spontanée de la maladie est le plus souvent favorable. Des formes chroniques existent cependant, caractérisées par des arthralgies persistantes et parfois invalidantes. Aucun cas mortel d'infection à Chikungunya n'a été rapporté lors des épidémies précédentes. La prise en charge thérapeutique repose essentiellement sur la prescription d'anti-inflammatoires non stéroïdiens afin de soulager les douleurs.

La fièvre Chikungunya a été répertoriée pour la première fois en tant qu'épidémie en 1952-53 en Afrique de l'Est et les épidémies suivantes sont survenues en Asie, notamment à partir de 1954 aux Philippines, au Cambodge, au Vietnam, en Thaïlande et en Inde. Le virus a circulé dans la région sud-ouest de l'Océan Indien depuis le début de l'année 2005, avec en particulier des foyers épidémiques identifiés aux Comores, à Maurice, à La Réunion et à Mayotte.

Pour une prophylaxie efficace contre cette maladie qu'on ne sait encore ni soigner véritablement ni à fortiori guérir, il faut naturellement mener de front deux actions complémentaires : la lutte contre le vecteur, c'est-à-dire le moustique Aedes aegypti et la lutte contre l'agent, le virus chikungunya (CHIK).

La lutte antivectorielle nécessite la suppression de toutes les eaux stagnantes qu'affectionne particulièrement le moustique notamment pendant la saison des pluies. L'élimination des déchets urbains puisqu'ils favorisent les retenues d'eau et le développement des moustiques. Les déchets, notamment les récipients (pneus et boîtes métalliques vides abandonnés) constituent des gîtes pour le développement des larves des moustiques. L'utilisation systématique de la moustiquaire imprégnée d'insectifuges. Les mesures de prévention individuelle contre les piqûres de moustique sont très importantes et doivent être prises de façon quotidienne: spray et crèmes, diffuseurs électriques, serpentins, vêtements longs et moustiquaires. Les femmes enceintes et les très jeunes enfants doivent faire l'objet de mesures particulièrement renforcées et adaptées. Le moustique vecteur pique la journée, essentiellement à l'extérieur des maisons, avec une activité plus importante en début de matinée et en fin de journée.

[maj:03/04/06]La Croix indique qu'« une infirmière libérale exerçant dans la région de Nîmes, qui avait fait en janvier un prélèvement sanguin à domicile sur une personne atteinte du chikungunya, de retour de la Réunion, a été contaminée par ce virus ». |La Croix indique qu'« une infirmière libérale exerçant dans la région de Nîmes, qui avait fait en janvier un prélèvement sanguin à domicile sur une personne atteinte du chikungunya, de retour de la Réunion, a été contaminée par ce virus ».

Le journal note que « Xavier Bertrand a demandé à l'Institut de veille sanitaire de «conduire sans délai une enquête de contamination ».

La Croix précise que « l'infirmière se porte bien » et indique que « 2 hypothèses sont avancées pour expliquer cette contamination : la piqûre d'un moustique rapporté de la Réunion dans les bagages ou un accident lors du prélèvement ». Le Journal du Dimanche aborde aussi ce « mystère de la femme en blanc ».

L'hebdomadaire note entre autres qu'« à ce jour, aucun cas de transmission sanguine du chikungunya n'a été publié, mais cela reste théoriquement possible ».[/maj]

Pour en savoir plus

livres et articles

dossier le moustique et l'enfant. Réalités pédiatriques n°137, février 2009

sites internet

Forum :